Tout me revient maintenant - Jean-Michel Fortier - La mèche - 2024 - 264 pages
Très content d'apprendre que le Grand Prix du livre de Montréal a été remis cette année à la grande écrivaine québécoise Élise Turcotte. C'est une autrice que j'ai découverte quand elle a été en nomination pour le prix littéraire des collégiens en 2008 avec Pourquoi faire une maison avec ses morts. Depuis, je lis chacune de ses publications et chaque fois elle me surprend en explorant de nouvelles voies.
Le début du roman est lent et un peu aride. On assiste à la vie quotidienne de la prison, les noms se multiplient, les termes maritimes et certaines références historiques ralentissent la lecture. La routine devient un peu ennuyeuse, la violence scandaleuse, mais cela s'harmonise tout à fait avec le propos du texte.
Dès que survient l'émeute et l'évasion, le
rythme s'accélère et la véritable histoire commence, celle de Jules Bonneau qui
doit vivre dans la clandestinité, au sein d'une nouvelle famille qui lui
apprend sinon l'amour, du moins la confiance.
Le destin de Bonneau est pénible, la haine
reste toujours ancrée profondément en lui, et sa conversion n'est pas simple.
Basée sur des faits historiques, le récit
fascine et laisse des traces dans la tête du lecteur. Toute cette souffrance,
toute cette violence, toute cette impuissance.
C'est un beau roman, un peu lent dans sa
progression, mais qui vaut vraiment la peine d'être lu.
Et si vous voulez mieux connaître
Chalandon, n'hésitez pas à lire Le quatrième mur et Profession du père, deux
autres excellents romans.
L'enragé (2023) - Sorj Chalandon - Grasset - 403 pages
L'académie des lettres du Québec vient de
dévoiler les finalistes pour le prix Ringuet, qui récompense depuis 1983 un
roman ou un récit de grande qualité.
Les trois oeuvres en lice cette année sont
:
Pascale Beauregard Muette (Boréal)
Louis-Daniel Godin Le compte est
bon (La Peuplade) - le livre a aussi été réédité dans la collection Bibliothèque québécoise, en format poche
Audrée Whilelmy peau-de-sang (Leméac)
#littqc #littérature #littératurequebecoise #littératurequébécoise #simonbrousseau #heliotrope
Chaque blessure est une promesse (2023) - Simon Brousseau - Héliotrope - 210 pages
Les oeuves finalistes pour les prix des libraires sont enfin dévoilées !
Plusieurs belles découvertes en perspective.
Dédé (2023) - Christian Quesnel - Libre expression - 120 pages
Au début du livre, une carte géographique
des lieux fictifs et une ligne temporelle annoncent la profonde originalité de
l’univers du roman ainsi que sa cohérence. Certains lecteurs pourraient être au
premier abord désemparés par cette plongée dans l’inconnu, mais il faut
accepter de se laisser guider par le récit, comme on se laisse porter par les
vagues de la mer. Et on finit par comprendre, reconnaître et s’habituer aux
références du texte.
Si on annonce dès le début que le récit
vise à reconstituer la vie de Danaé Poussin, c’est tout le fonctionnement de la
société yssoise de cette époque (fin du XVIIIe siècle ?) qui est finalement
décrite. Car les personnages s’accumulent tout au long du livre, dans une
galerie riche et impressionnante qui révèle toutes les tensions qui existent
entre les habitants privilégiés, qui vivent à l’abri derrière les murs de la
cité, et les autres, qui doivent survivre sur les rivages inhospitaliers de
l’île.
La maîtrise du métalangage maritime de
Scali est hallucinante. Les descriptions des navires, des manœuvres maritimes
et de la mer reflètent un travail de recherche colossal et une connaissance
pointue du sujet abordé par l’autrice. Si j’ai souligné souvent des termes dont
la signification m’échappait (tillac, lamanage, caboteur, tourmentin, foc,
lof…), il ne faut pas voir ce vocabulaire comme un obstacle à la lecture, mais
comme un élément essentiel au décor. La mer est un des sujets principaux du
roman, on en découvre toute la beauté, mais aussi toute la fureur. La mer donne
beaucoup aux pêcheurs, mais elle prend souvent aussi aux familles vulnérables.
Le premier opus de Scali, À la recherche
de New Babylon (2015), un roman-western, mérite lui aussi le détour si vous ne
l’avez pas déjà lu. Et c’est certainement une autrice que je suivrai dans les
prochaines années.
Les marins ne savent pas nager (2022) – Dominique Scali - La Peuplade - 708 pages
Le livre est aussi disponible en deux tomes, chez Folio
Ce recueil à la forme très particulière a valu à Simon Brousseau le prix Adrienne-Choquette 2026, remis chaque année au meilleur recueil d...