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13 juin 2026

La Poésie - Patrice Lessard

Un écrivain désabusé, s'étant vu refuser son dernier manuscrit par son éditeur, fuit en Argentine, à Buenos Aires, dans le but de mettre fin à ses jours.

Dans les rues de cette ville, qu'il a déjà visitée avant la pandémie, le narrateur nous fait visiter la ville et réfléchit au sens de la vie [la vie a-t-elle un sens ?] et à l'importance que la littérature peut avoir dans son quotidien. 

Malgré son sujet en apparence assez lourd (le suicide, la mort), le ton reste ironique, parfois même comique, surtout en raison de l'auto-dérision du narrateur qui critique lui-même constamment ce qu'il est en train d'écrire et commente son comportement.

Impressionnant exercice stylistique à l'écriture maîtrisée (abondance de réflexions entre crochets, inversion des négations, syntaxe à la forme parfois archaïsante, commentaires sur l'écriture en train de se faire), le livre [j'hésite à appeler ça un roman, est-ce un roman ? Qu'est-ce qu'un roman ?], ce livre disais-je ne plaira pas à tout le monde. Si vous cherchez un roman avec une intrigue classique, avec une narration traditionnelle, passez votre tour, vous risquez de vous ennuyez avec M. Lessard. 

Mais si comme moi les réflexions sur l'Art et sur les ficelles de l'écriture vous intéressent, cela vous plaira sans nul doute.




La poésie - Patrice Lessard - Groupe HMH (XYZ) - 2026 - 152 pages

21 octobre 2025

Un roman au four

 


Ce livre, à mi-chemin entre le roman et l'essai, constitue un véritable défoulement, une véritable thérapie par la parole.

Dans un discours au rythme endiablé qui se poursuit pendant 150 pages, la narratrice commente et critique son mode de vie effrené, qui est aussi trop souvent le nôtre.

Chacune des sept parties du livre offre une logorrhée endiablée d'une seule et unique longue phrase qui s'étend sur une bonne dizaine de pages. L'écrivaine narratrice nous parle du rythme effrené de sa vie de femme et de mère qui l'empêchent d'écrire son roman. Son discours est parfaitement décousu, mais sa dénonciation des contraintes domestiques quotidiennes se révèle drôle et parfaitement jubilatoire. 

À travers tout cela, j'ai apprécié les nombreuses références aux théories de la création littéraire. L'importance d'avoir une chambre à soi, la difficulté de trouver le temps pour écrire, les doutes à surmonter, la crainte de ne plus être capable d'écrire, l'incertitude de la pertinence de l'oeuvre à venir, l'impossibilité de faire reconnaitre son activité comme un véritable travail...

J'ai dévoré ce livre en moins de deux jours, avec beaucoup de plaisir.

Un roman au four - Marie-Sissi Labrèche - Leméac

Même pas morte - Geneviève Rioux

Ce roman, qui figurait parmi les livres en lice pour le Prix littéraire des collégiens 2026, raconte la violente agression (viol et tentativ...