23 janvier 2026

Han Kang - prix Nobel 2024

Par curiosité, je m'efforce chaque année de lire les livres qui ont remporté les grands prix français de l'automne. Quand les livres sont disponibles en français, j'aime aussi m'aventurer du côté de la littérature universelle en plongeant dans l'œuvre récompensée par le prestigieux prix Nobel de littérature.

En 2024, la lauréate était une écrivaine originaire de la Corée du Sud, un pays dont la littérature m'est complètement inconnue. Comme dépaysement, je ne pouvais pas rêver mieux. Pour découvrir cette autrice, je me suis donc procuré trois de ses derniers romans, tous publiés dans l'accessible collection Le livre de poche.
C'est pour moi une très belle découverte, la structure des œuvres peut paraitre déconcertante au début, mais au final, elle se révèle chaque fois un tour de force magistral.

Dans La végétarienne, le premier que j'ai lu, j'avoue que j'étais un peu perdu dans les premières pages, me demandant même si je me trouvais dans un roman ou dans un recueil de nouvelles. Car Kang aime varier les points de vue narratifs, entretenir un flou dans l'identité des personnages. Elle alterne ainsi les voix narratives dans les différentes parties du récit et le lecteur doit, grâce aux indices semés dans le texte, découvrir qui porte la narration et quelles sont les relations entre les différents personnages. À la fin, tout converge et le roman offre une vision riche et globale de la situation.

Les autres romans sont construits un peu de la même façon, avec une alternance de voix narratives et un dévoilement progressif de la situation. Ce sont des ouvrages qui exigent une certaine concentration. Les romans sont courts, mais ils ne sont pas simples pour autant.

Mon préféré reste Celui qui revient, qui raconte la révolte de Gwangju du printemps 1980, une période sombre de l'histoire de la Corée du Sud qui s'est soldée par le massacre de plusieurs manifestants. Encore une fois ici, les voix des survivants et des disparus se confondent, se cherchent et cette valse finit par donner un portrait émouvant de la situation. C'est un récit plus politique, plus engagé, mais toujous très riche et poétique.





Celui qui revient (2014)




20 janvier 2026

La levée - David Bergeron - Mains libres


À 46 ans, Rémi décide de revenir sur les lieux de son enfance pour renouer contact avec Jean, l'ex-conjoint de sa mère. Pour le retrouver, Rémi devra s'enfoncer dans la forêt dans laquelle il s'était perdu pendant sept longues journées, quand il avait 10 ans, pendant une promenade avec son beau-père.

Superbe roman qui raconte la confrontation des deux hommes perdus dans leur angoisse, convaincus l'un et l'autre d'être responsable de leur malheur respectif et plonge en parallèle dans le désespoir de l'enfant qui lutte pour sa survie au cœur de la forêt. 

J'ai adoré ce roman introspectif qui dévoile progressivement la profondeur de la détresse des personnages et tisse de façon habile la relation complexe mais tendre qui unit les deux hommes. C'est sûr que ce sont des thèmes qui se rapprochent de ceux que j'explore dans mes propres romans (nostalgie, relation père-fils, abandon, psychologie masculine...), ce qui explique sans doute en partie l'intensité des émotions ressenties pendant ma lecture, mais l'écriture de Bergeron est remarquablement efficace, tout en subtilité et en finesse.


C'était la première fois que je lisais une œuvre de David Bergeron, et c'est un auteur dont j'attendrai maintenant avec impatience les prochaines publications. 

17 janvier 2026

Achats récents

 


Le plus récent Édouard Louis en format poche, sur la vie de son frère.

Deux romans du plus récent prix Nobel.

Une traduction d'un des dernières publications de Knaussgaard dont j'avais tant aimé le cyle de romans Mon combat.

Et le dernier roman d'Alexis Morin, un roman d'horreur fantastique dont on dit beaucoup de bien.

L'imagination que donnent les vraies tendresses


Correspondances imaginaires entre Lalonde et Gustave Flaubert, l'auteur du fameux Madame Bovary (1857) dont il est un fervent lecteur.

Réflexions sur la vie, sur notre époque, sur l'écriture et la lecture, je m'attendais à beaucoup de ce livre qui m'a pourtant déçu. Je m'attendais à assécher au moins un surligneur, j'ai à peine souligné quelques lignes. Il faut dire que j'entretiens une relation amour/retenue pour l'oeuvre de Lalonde. Autant je peux le trouver génial par moment quand il parle de son rapport à la littérature, autant quand il se met à parler de la fardoche et de ses promenades dans la nature, il m'ennuie. Étant donné la prémisse de départ, avoir accès à la pensée d'un des plus grands romanciers du XIXe siècle, quand même, ce n'est pas rien, je m'attendais à un ouvrage plus fort, plus intéressant. Pa

Sur le même thème, je vous encourage plutôt à lire son essai Le monde sur le flanc de la truite, un incontournable sur la création littéraire à mon avis. Ou alors sa correspondance avec Jonatha Harnois, Tu me rappelles un souffle (2023), qui propose un choc intéressant entre deux écrivains appartenant à deux générations différentes.

Et je me rends compte, en consultant la bibliographie de Lalonde, que je me suis jusqu'ici très peu intéressé à ses romans.

Foule monstre - Simon Brousseau - Héliotrope

  Ce recueil à la forme très particulière a valu à Simon Brousseau le prix Adrienne-Choquette 2026, remis chaque année au meilleur recueil d...