Han Kang - prix Nobel 2024
Par curiosité, je m'efforce chaque année de lire les livres qui ont remporté les grands prix français de l'automne. Quand les livres sont disponibles en français, j'aime aussi m'aventurer du côté de la littérature universelle en plongeant dans l'œuvre récompensée par le prestigieux prix Nobel de littérature.
En 2024, la lauréate était une écrivaine originaire de la Corée du Sud, un pays dont la littérature m'est complètement inconnue. Comme dépaysement, je ne pouvais pas rêver mieux. Pour découvrir cette autrice, je me suis donc procuré trois de ses derniers romans, tous publiés dans l'accessible collection Le livre de poche.
C'est pour moi une très belle découverte, la structure des œuvres peut paraitre déconcertante au début, mais au final, elle se révèle chaque fois un tour de force magistral.
Dans La végétarienne, le premier que j'ai lu, j'avoue que j'étais un peu perdu dans les premières pages, me demandant même si je me trouvais dans un roman ou dans un recueil de nouvelles. Car Kang aime varier les points de vue narratifs, entretenir un flou dans l'identité des personnages. Elle alterne ainsi les voix narratives dans les différentes parties du récit et le lecteur doit, grâce aux indices semés dans le texte, découvrir qui porte la narration et quelles sont les relations entre les différents personnages. À la fin, tout converge et le roman offre une vision riche et globale de la situation.
Les autres romans sont construits un peu de la même façon, avec une alternance de voix narratives et un dévoilement progressif de la situation. Ce sont des ouvrages qui exigent une certaine concentration. Les romans sont courts, mais ils ne sont pas simples pour autant.
Mon préféré reste Celui qui revient, qui raconte la révolte de Gwangju du printemps 1980, une période sombre de l'histoire de la Corée du Sud qui s'est soldée par le massacre de plusieurs manifestants. Encore une fois ici, les voix des survivants et des disparus se confondent, se cherchent et cette valse finit par donner un portrait émouvant de la situation. C'est un récit plus politique, plus engagé, mais toujous très riche et poétique.

Celui qui revient (2014)




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