21 octobre 2025

Un roman au four

 


Ce livre, à mi-chemin entre le roman et l'essai, constitue un véritable défoulement, une véritable thérapie par la parole.

Dans un discours au rythme endiablé qui se poursuit pendant 150 pages, la narratrice commente et critique son mode de vie effrené, qui est aussi trop souvent le nôtre.

Chacune des sept parties du livre offre une logorrhée endiablée d'une seule et unique longue phrase qui s'étend sur une bonne dizaine de pages. L'écrivaine narratrice nous parle du rythme effrené de sa vie de femme et de mère qui l'empêchent d'écrire son roman. Son discours est parfaitement décousu, mais sa dénonciation des contraintes domestiques quotidiennes se révèle drôle et parfaitement jubilatoire. 

À travers tout cela, j'ai apprécié les nombreuses références aux théories de la création littéraire. L'importance d'avoir une chambre à soi, la difficulté de trouver le temps pour écrire, les doutes à surmonter, la crainte de ne plus être capable d'écrire, l'incertitude de la pertinence de l'oeuvre à venir, l'impossibilité de faire reconnaitre son activité comme un véritable travail...

J'ai dévoré ce livre en moins de deux jours, avec beaucoup de plaisir.

Un roman au four - Marie-Sissi Labrèche - Leméac

13 octobre 2025

Poésie québécoise - deux incontournables de l'automne

 Uashtenam - allumer quelque chose (2025) - Marie-Andrée Gill



Précieux sang (2025) - Marie-Hélène Voyer



Han Kang - prix Nobel 2024

Par curiosité, je m'efforce chaque année de lire les livres qui ont remporté les grands prix français de l'automne. Quand les livres sont disponibles en français, j'aime aussi à m'aventurer du côté de la littérature universelle en plongeant dans l'œuvre recompensée par le prestigieux prix Nobel de littérature.

En 2024, la lauréate était une écrivaine originaire de la Corée du Sud, un pays dont je ne connais absolument pas la littérature. Comme dépaysement, je ne pouvais pas rêver mieux. Pour découvrir cette autrice, je me suis donc procuré trois de ses romans publiés dans la collection «Le livre de poche».

C'est une très belle découverte. La structure des oeuvres, qui peut paraître déconcertante au début, se révèle chaque fois un tour de force magistrale. Dans La végétarienne notamment, le premier que j'ai lu, j'avoue que j'étais un peu perdu dans les premières pages, me demandant même si j'étais dans un roman ou dans un recueil de nouvelles. Car Kang aime varier les points de vue narratif. Elle alterne ainsi les voix narratives et le lecteur doit, grâce aux indices semés dans le texte, découvrir qui est le narrateur ou la narratrice. À la fin, tout converge et le roman offre une vision riche et globale de la situation.

Écriture poétique
portée sociale - critique - histoire récente de la Corée






Celui qui revient (2014)




Prix Goncourt 2025